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Photo par Vertigogen (FlickR)

Dire qu’entre les Anglais et le foot, c’est une histoire d’amour qui dure depuis des générations c’est un peu facile. Les Anglais et le foot, c’est aussi et surtout une histoire de bière. Et pendant que l’équipe nationale transpire sur les terrains verts, les patrons de pubs, eux, encaissent les billets verts.

Près de 4 millions d’aficionados se sont rués dans les pubs d’Angleterre pour le premier match de leur sélection face aux Etats-Unis samedi dernier, selon la British Beer & Pub Association (BBPA). Et ces supporters du comptoir on généré £35 millions de chiffre d’affaires supplémentaire en une soirée, soit 9 millions de pintes et quelques millions de paquets de chips au vinaigre.

Le terrain vert, voilà le Graal des propriétaires de pubs et de bars au Royaume de sa Gracieuse Majesté. Au total, pour le seul premier tour, les tenanciers comptent sur une augmentation de £80 millions de leurs ventes et une affluence de plus de 11 millions de fans.

Dans ces conditions, pas étonnant que les barmen eux même soient les plus fervents supporters de l’équipe d’Angleterre. Si celle-ci termine première de sa poule, elle jouera son premier match éliminatoire le samedi 26 juin, « le jour parfait pour générer encore plus d’affluence et de consommation dans les pubs », selon la BBPA… le foot et les Anglais, une histoire d’amour tout à fait désintéressée…

Pour terminer : coupons court à toute remarque : oui, le Royaume-Uni n’a pas encore abandonné la livre sterling pour le dollar, mais une pinte dans un bar coûte en moyenne £5… et le billet de £5 est vert.

Un vol British Airways en provenance de Vancouver s’est posé mardi soir, peu avant 22 heures à l’aéroport d’Heathrow. L’espace aérien britannique est à nouveau ouvert. Fin de la galère pour les dizaines de milliers de Britanniques coincés à l’étranger.

Une vingtaine de vol long courriers se dirigent vers Heathrow, le principal aéroport de Londres, mais les autorités préviennent qu’il faudra plusieurs jours avant de revenir à un trafic normal.

Les riverains des aéroports londoniens doivent donc se réhabituer au grondement des appareils en phase d’atterrissage dans les couloirs aériens, mais, étrangement, pour certain, ce qui est d’habitude considéré comme une nuisance, a un goût de soulagement.

Photo par Travel Aficionado (FlickR)

La décision de fermer l’espace aérien britannique, de même que dans le reste de l’Europe, commence à soulever une large vague de protestations, en particulier de la part des compagnies aériennes. Mais les autorités britanniques tiennent bons et n’envisagent pas le redémarrage du trafic  avant le milieu de journée mardi.

En attendant, trois bâtiments de la Royal Navy font route vers le continent pour aider au rapatriement de 200.000 Britanniques, coincés de l’autre côté du Channel. Le porte-avions Ark Royal et les navires d’assaut Ocean et Albion ont été déployés, tandis que les services de ferry et l’Eurostar ont gonflés leurs capacités.

Dans les heures qui viennent, un accord pourrait être trouvé pour faire de l’Espagne le « hub » européen temporaire. Les voyageurs coincés en Asie ou en Afrique pourrait transiter par la péninsule ibérique, avant de rejoindre l’Europe du Nord par les voies terrestres.

Londres n'est plus survolée par aucun avion depuis plus de 24 heures. (Photo par Bobcatnorth - FlickR)

L’éruption volcanique dans l’Atlantique Nord ne va peut être pas provoquer un ouragan dans le Pacifique Sud, mais elle sème la pagaille dans le ciel européen. Depuis jeudi, les aéroports britanniques ferment les uns après les autres et le phénomène touche désormais tout l’ouest du continent.

Face à un événement naturel sans précédent, le transport aérien dépose les armes. Jamais l’espace aérien européen n’avait été autant paralysé. Bien sûr, les éruptions volcaniques ne sont pas inconnues sur le vieux continent, mais aucune n’avait jusque là réussi à clouer tant d’avions au sol. Pourtant, cela a commencé un peu comme une blague dans les journaux du matin jeudi : l’annonce qu’en raison d’un nuage de cendres dégagé par l’éruption d’un volcan au nom imprononçable, l’Eyjafjallajokull (les présentateurs télé n’ont pas dû s’amuser), les aéroports du nord de l’Ecosse avaient été fermés.

Mais au fur et à mesure de la journée, ce qui n’était au début qu’une anecdote a commencé à prendre une tout autre dimension. D’abord, les principaux aéroports écossais d’Edimbourg et de Glasgow ont fermés leurs portes. Mais ensuite, c’est tout le Royaume-Uni qui a été touché. Jusqu’à entraîner la suspension totale du trafic aérien dans tous le pays.

Jeudi, en fin de journée, plus aucun avion n’était autorisé à survoler le ciel de Londres, d’ordinaire saturé de gros porteurs. C’est d’ailleurs une des particularités de la ville. Entre le hub d’Heathrow, l’une des plus grandes plates-formes aéroportuaires du monde et le petit City Airport situé à proximité du quartier d’affaires de Canary Wharf, le bruit des avions en phase d’atterrissage ou de décollage fait partie de la musique de la ville. A cela s’ajoutent les appareils à destination ou en provenance de Gatwick (sud), Luton ou Stansted (nord), les trois autres aéroports situés dans un rayon de 50km autour de la capitale.

Pour l’instant, les autorités annoncent une reprise du trafic samedi. Mais les experts prévoient que l’éruption pourrait durer des mois, voire plusieurs années et perturber de façon durable le trafic aérien européen.

Le Guardian a réalisé une série de vidéos sur le sujet.

Circulation ordinaire dans les rues de Londres. Photo par Gruntzooki (FlickR)

Un rapport de la Chambre des communes épingle l’inefficacité de la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre en Grande-Bretagne. L’air londonien reste l’un des plus pollués d’Europe.

A voir une photo satellite de Londres et les espaces verts qui la compose, le commun des mortels aurait tendance à croire que l’air aurait tendance à être plus « pur » que dans d’autres capitales européennes. Mais il n’en est rien. La capitale anglaise étouffe sous les gaz à effet de serre et les politiques de lutte contre la pollution ne semblent pas efficaces. Un rapport du Comité d’audit environnemental (EAC), publié ce lundi par la Chambre des communes, épingle sans délicatesse les efforts du gouvernement pour améliorer la qualité de l’air en Grande-Bretagne.

Les autorités devraient « avoir honte » de leur politique en matière de réduction des effets de serre, affirme crument le document. L’EAC appelle à un changement drastique de la politique de transport du pays, pour améliorer la situation : la mauvaise qualité de l’air réduirait de sept à huit mois en moyenne l’espérance de vie au Royaume-Uni et serait responsable de 50.000 morts prématurées par an.

Londres est principalement montrée du doigt pour son incapacité à atteindre les objectifs de réduction de gaz à effet de serre, en particulier les particules PM10, particulièrement nocives pour les personnes atteintes d’asthme. Quant au dioxyde d’azote, sur certaines voies réservées aux célèbres bus rouges londoniens, son niveau dépasse de 200 à 300% les standards établis par l’Union européenne.

Selon Client Earth, une organisation d’avocats activistes, les autorités locales et nationales se refilent la « patate chaude » depuis trop longtemps. Le maire, Boris Johnson, explique le manque d’action concrète pour réduire la pollution due à la circulation par l’inertie du gouvernement, tandis que ce dernier accuse la mairie d’immobilisme.

Seul espoir de faire bouger les choses : le portefeuille. Si le Royaume-Uni ne parvient pas à réduire ses émissions pour atteindre les seuils européens, il risque jusqu’à £300 millions d’amendes annuels. Quand on connaît l’importance que le « contribuable » a outre-Manche, nul doute que l’argument de l’argent public consacré à payer ce genre d’amende devrait suffire à mobiliser l’opinion publique en faveur d’une réduction des gaz à effet de serre. A moins que cela ne renforce encore son euroscepticisme !

Instantanés de la parade de Saint Patrick dans les rues de Londres, le 14 mars 2010.

Le haut de la tour Stata "Razor", où vont être installées les trois turbines. Photo par Strata SE1 (FlickR)

Sur les bords de la Tamise, une drôle de construction prend de la hauteur depuis bientôt deux ans (voir le diaporama du Guardian). Début avril, la tour devrait prendre sa forme finale, lorsque trois turbines géantes viendront coiffer son sommet. La tour d’habitation deviendra ainsi le premier immeuble au monde équipé d’éoliennes.

Sise dans le quartier plutôt populaire d’Elephant & Castle, au sud de la rivière, la Strata Tower devrait être capable de produire 8% de sa consommation électrique grâce aux trois énormes turbines de neuf mètres de diamètre qui la surmonte et la font ressembler à un rasoir électrique, d’où son surnom de « Strata Razor ». A titre de comparaison, le développeur du projet, le groupe Brookfield, estime que pour arriver à une production électrique équivalente avec l’énergie solaire, il aurait fallu recouvrir entièrement la façade sud de la tour par des panneaux photovoltaïques. Difficile dans ces conditions de proposer un total de 399 appartements sur 42 étages, dont un quart réservé au logement social.

D’après les estimations, la tour produira 50MWh par an et générera un revenu de £16.000 à £17.000 sur douze mois. Le projet bénéficiera des nouveaux tarifs préférentiels pour l’électricité verte mise en place par le gouvernement et qui s’appliqueront le 1er avril prochain.

La Strata Razor marque ainsi un premier pas de la capitale britannique en direction de la construction verte. Reste à savoir si elle instaurera la tendance de fond nécessaire pour atteindre l’objectif de bilan carbone nul que devront atteindre toutes les nouvelles constructions au Royaume-Uni d’ici 2019.

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